L’organisme de réglementation du Québec fait pression pour élargir le champ de compétence des audiologistes : une initiative qui s’inscrit dans le cadre des appels nationaux en faveur d’un meilleur accès aux soins auditifs

L’OOAQ demande que le Québec mette à jour le Code des professions afin de permettre aux audiologistes de vendre et d’ajuster des appareils auditifs, une activité actuellement réservée aux audioprothésistes. Dans son mémoire présenté aux parlementaires, l’OOAQ a exposé trois motivations principales à l’origine de cette demande :

  • permettre aux professionnels qualifiés d’exercer pleinement leur profession dans les limites de leur champ de compétence autorisé;
  • harmoniser les activités autorisées pour les audiologistes au Québec avec celles autorisées ailleurs au Canada afin de favoriser la mobilité de la main-d’œuvre;
  • améliorer l’accès aux appareils auditifs tout en renforçant la continuité des soins.

Le Québec reste le seul territoire de compétence en Amérique du Nord où les audiologistes ne peuvent pas distribuer d’appareils auditifs. L’OOAQ souligne également que le fait de compter uniquement sur environ 550 audioprothésistes pour répondre aux besoins d’une population vieillissante est insuffisant pour faire face à la demande croissante.

Un tournant pour les soins auditifs au Québec?

La proposition de l’OOAQ, présentée dans le cadre des consultations sur le projet de loi 15 du Québec, vise à moderniser plusieurs cadres professionnels dans le domaine de la santé et pourrait représenter un changement important dans la prestation des soins auditifs dans la province. Sa recommandation reflète le mouvement plus large au Canada réclamant un meilleur accès, une réglementation modernisée et des services de santé auditive durables. Lire la suite ici.

Pourquoi est-ce important à l’échelle nationale

Le travail continu d’OAC auprès du fédéral en matière de défense des intérêts a permis de mettre en lumière des préoccupations similaires dans tout le Canada.

Accessibilité et abordabilité

Le débat au Québec souligne le besoin urgent d’un accès équitable aux soins auditifs. L’augmentation des coûts des services, la couverture publique limitée et les restrictions provinciales sur le rôle des fournisseurs continuent de créer des obstacles, en particulier pour les personnes âgées et les Canadiens à faible revenu. Ce point cadre avec les recommandations présentées par OAC au gouvernement fédéral, qui préconisent :

  • une meilleure accessibilité financière aux services auditifs;
  • une réduction des délais d’attente, en particulier pour les communautés rurales, éloignées et en quête d’équité;
  • une approche nationale de la santé auditive fondée sur la prévention, le dépistage précoce et l’intervention rapide.
Ressources humaines en santé (RHS)

La position de l’OOAQ souligne comment la modernisation de la réglementation peut contribuer à répondre aux pressions exercées sur les RHS en permettant aux audiologistes d’exercer pleinement leur profession. Cette position reflète les demandes d’OAC à l’échelon national pour :

  • renforcer la main-d’œuvre canadienne dans le domaine des soins auditifs;
  • supprimer les obstacles législatifs obsolètes;
  • assurer une utilisation optimale des compétences professionnelles dans toutes les disciplines.

Alors que les discussions se poursuivent au Québec, OAC continuera de plaider auprès du gouvernement fédéral en faveur d’un paysage national complet, accessible et équitable en matière de santé auditive, qui soutient la population canadienne dans toutes les provinces et tous les territoires.